Sur la voix

Comme on le sait, les trépidations de voix sont comme les molécules, des corps purs qui s’inscrivent dans la tonalité du lieu et dans la l’organisme. S’en servir comme instrument de guérison et d’harmonisation, c’est chanter le renaître et l’être dans les silences intérieurs et les énergies créatrices.

La voix induit des formes émotionnelles qui sont autant de révélateurs de ce qui se manifestent par la dysharmonie et qui n’a pas été arrangé en nous, une tension, une marque d’appel du corps dont nous ne tenons pas souvent compte. Une voix signe, par les inflexions, nos faiblesses et nos joies, et par les silences ce qui n’a pas su développer en nous : tous les champs obscurs, étouffés, voilés, les colères rentrées, ces blessures dans la vie. Il y a ainsi besoin de poser la voix, tout autant que sa vie, sur une construction stable, tant dans le corps que dans la manière d’être : Être justifié de voix disaient les Egyptiens qui savent la science des incantations et des sons.

Le chant prépare le langage composé, accompagne les gazouillis et le babil du nouveau-né. Il se fait comptine, copain de jeu, frère du geste. Il chante dans le vie quotidienne. Il libère nos émotions et exprime les états d’âme. Il nous livre du poids des mots, les transformes en sons plus directs et plus symboliques. Il calme l’anxiété et la peur. Il structure l’individualité, lui offre des repères. Il est en admirable alliance avec les faits importants de la vie. Il est le délicat auxiliaire du souvenir parce qu’on associe toujours une chanson à une réalité marquante. Il établit le dialogue. Il l’établit chez la personne repliée, aphasique et emmurée. Il stimule les énergies, nous relie au ciel et nous centre sur la terre.

A ce point, il est le miroir de nous-mêmes qu’il dévoile les limites et les conflits.